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THE PRITZKER ARCHITECTURE PRICE 2011

by MP March 29 2011, 06:51 ARCHITECTURE - CULTURAL & EDUCATION

EDUARDO SOUTO DE MOURA / PORTUGAL/  THE PRITZKER ARCHITECTURE PRICE 2011

 

La reconaissance d'un maitre en architecture au délà des "starchitects" trop longtemps mis à l'honeur.
Quand l'élève égale le maître ! Alvaro VIEIRA SIZA vs Eduardo SOUTO DE MOURA

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cinema House, Oporto / Portugal


Maître d'œuvre  d'une architecture rigoureuse, fine et surtout audacieuse, l'architecte Portugais Eduardo SOUTO DE MOURA, ancien élève, puis collaborateur d' Alvaro SIZA ( Nobel d'architecture 1992) se voit à son tour récompensé de la plus haute distinction architecturale et internationale, le Nobel d'architecture 2011 et succède ainsi aux japonais SANAA (2010) au suisse Peter ZUMTHOR (2009) et au français Jean NOUVEL (2008) .

Élu à l'unanimité par le jury, il crée la surprise dans le monde des "starchitects" prétendant au prestigieux titre.
"Souto de Moura possède l’assurance nécessaire pour utiliser une pierre vieille de mille ans ou pour s’inspirer d’un détail moderne de Mies van der Rohe" déclara le jury.

Eduardo est fasciné par la simplicité, la beauté, l'authenticité des matériaux et leur fine mise en œuvre, domaine dans lequel il excelle. Aussi il est fréquemment  sollicité par les prestigieuses écoles de Lausanne et Zurich, ou encore Harvard tant sa production architecturale est remarquable et ne tombe pas dans les méandres de l'image trop flatteuse. Sa précision et sa finesse lui ont valu d'être considéré par certains spécialistes comme le NEO-MIES.

Il compose avec la nature, le sol, la topographie, pour s'y fondre ou a contrario s'en détacher avec une force sans commune mesure. Il s'agit d'une architecture de défis structurels et in fine d'une grande élégance. Une architecture qui sait être anonyme et modeste à l'image de l'homme, qui avec un plaisir non dissimulé, prendra le temps de s'entretenir avec vous autour d'un café, comme ce fut mon cas en 2007.


D'abord élève, puis collaborateur au sein du cabinet d' Alvaro SIZA, Prix Nobel en 1992, Eduardo devient à son tour enseignant à la prestigieuse école de Porto "FAUP ou Faculdade de Arquitectura da Universidade do Porto" pendant 11 années et fonde en parallèle son agence dans la même ville. On raconte que Alvaro SIZA l'aurait congédié, reconnaissant son incroyable talent et le poussant ainsi a "voler de ses propres ailes".

 

Assez  vite son travail est reconnu au Portugal mais c'est seulement à l'occasion de l'euro 2004 qui se déroulera au Portugal qu'il va être révélé sur la scène internationale via le projet du Stade de Braga dont il est l'auteur.

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Braga Stadium in Portugal


Depuis son travail n'a cessé d'être reconnu et publié dans les plus grandes revues d'architecture, ce qui lui vaut aujourd'hui la reconnaissance de ses pères et le "Nobel 2011" à ses 58 ans.

Parabens Senhor arq. Souto de Moura.

 

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"Souto de Moura seeks to create architecture without artifice, with the naturalness and ease found in vernacular architecture and traditional typologies.
Characteristically, his works are simple, serene forms which emphasize their sensual materiality. Rough granite walls contrast the insubstantiality of glass doors held in slender metal frames." 
Tom Heneghan

 

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Paula Rego museum, Cascais / Portugal  (article sur ce projet )

 

INTERVIEW

 

Comment avez-vous réagit quand vous avez su que vous étiez le PRITZKER 2011?

Au début je ne voulais pas y croire. Il y a 15 jours on ma téléphoné, et j'ai cru à une farce. Puis j'ai reçu des lettres officielles et là j'ai vite compris. J'étais heureux pour moi, mais surtout pour mon pays, pour l'architecture portugaise et mon équipe. L'architecture est une aventure collective.

 

Avez-vous un jour songé à le recevoir ?

Jamais ! J'ai pensé remporter le prix européen avec le projet du stade de Braga, et de peu je l’ai raté, parait il, mais pas celui là.

 

Qu'est ce qui va changer selon vous ?

Les gens vont voir mon architecture d'une autre forme. Ce titre oblige à une plus grande responsabilité que j'avais déjà, mais faudra faire encore mieux et faire attention à ce que je dis. Je deviens une figure publique.

 

C'est difficile pour une personne réservé comme vous ?

C'est ma manière d'être !

 

Votre façon de faire l'architecture va changer ? Plus de pression ?

Il n'y aura pas de pression dans la manière dont je fais l'architecture, juste quelle sera d'avantage mise en avant, dans la façon de la divulguer. C'est surtout la critique qui va être plus féroce surtout ici au Portugal.

 

Allez-vous construire d'avantage à l'étranger ?

J'ai déjà quelques projets à l'étranger qui sont en cours, et il ne faudrait pas que ça change. Il est vrai que je préfère travailler ici (au Portugal) mais il y a moins de travail, du coup j'ai commencé a travailler en dehors des frontières. Je suis de Porto et j’aimerais y travailler d'avantage, mais il n'y a pas d'investissement publique, ni privée et très peu d'initiatives. A Lisbonne il y en a un peu plus ou du moins on se risque d'avantage. Mais c'est à Porto que j'aime vivre !

 

Quelle est le projet que vous préférez ?

Le stade de Braga est mon œuvre la plus aboutie et certainement le projet le plus complexe que j’ai eu à concevoir. J’ai coupé la montagne et travaillé à très grande échelle. C’est le projet le plus fort pour moi. Je fais de l’architecture pour résoudre des problèmes. Et là j’ai été servi.  C’est un projet qui a une échelle monumentale et en même temps on a su travailler le détail. L'autre projet duquel je suis fier est celui du métro de Porto.

 

Lequel de vos projet vous inquiète ?

La maison du cinéma Manuel de Oliveira qui est fermé suite à un désaccord entre le cinéaste et les pouvoir publiques ! C'est désolant. C'est le cas aussi de la maison des arts à Porto pour laquelle j'ai un projet de reconvention, mais il manque l'argent.

 

Comment gérez-vous les questions politico financières de l'architecture ?

C'est un art social.

 

Avoir des limitations ou contraintes en architecture ?

Trop de facilités amènes à une mauvaise projection.

 

Comment décrivez-vous votre architecture ?

Je suis l'architecte des angles droits, qui aime les choses déformés, mais ce sont des exceptions. C’est seulement quand le terrain ne le permet pas que je ne fais pas droit. L’objectif est de transformer pour mieux faire!

 

Vous avez appris votre métier auprès de Fernando Tavora et Alvaro Siza. Qu’est-ce que ces deux grands architectes vous ont apporté ?

Fernando Tavora était mon professeur. La chose la plus importante que j’ai apprise de lui c’est le rapport entre l’architecture et la vie. Ensuite, il nous a enseigné comment il faut passer par l’histoire pour trouver des solutions. C’était un aristocrate très cultivé, passionné de peinture, de poésie. Il aimait tout ce qui était beau. Ensuite j’ai travaillé avec Siza. Lui, c’est une locomotive. Quand il y a un problème, il travaille jour et nuit pour trouver les moyens de le résoudre. Je suis plus intéressé par le personnage que par son architecture. Je ne peux pas faire de la copie de son travail. Ce qui m’intéresse c’est de voir comment il trouve des solutions. Il a un savoir-faire. Il m’a appris à trouver une stratégie. 

 

Il n’y a pas de fil conducteur dans vos projets ?

Au début j’étais plus près du mouvement moderne et d’architectes comme Mies van der Rohe. J’ai commencé à travailler après la révolution, quand il fallait redessiner le pays, construire des écoles, des hôpitaux. On avait besoin d’un instrument comme le mouvement moderne. C’était une grammaire pragmatique pour faire des choses nouvelles dans un pays en transition. Et puis les choses ont changé, la crise est arrivée. L’architecture doit être aujourd’hui plus simple, plus économique.

 

Quels sont vos maîtres en architecture ?

Mies van der Rohe, le mexicain Luis Barragan et bien sûr Alvaro Siza.

 

Quel est votre rapport à la nature ?

La nature, c’est quelque chose que je dois contrôler. Dieu a bâti le monde et les architectes doivent poursuivre le travail en construisant des ponts pour traverser les fleuves, des toits pour protéger du soleil. L’architecture a besoin de la nature. C’est un peu comme le papier : il faut ajouter quelque chose au papier, pour que cela ait un sens et ce quelque chose c’est le texte. L’architecture donne un sens à la nature.  J’aime la nature manipulée, cette tension entre nature et objet fabriqué. 

 

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Un laboratoire en Suisse pour Novartis, un autre en Belgique, des tours à Barcelone.

 

Vous ne construisez plus de maisons individuelles ?

Si et j’aime beaucoup ça. C’est comme un exercice. Un laboratoire ou l’on peut faire des expériences à petite échelle. On perd de l’argent quand on fait une maison mais c’est là qu’on fait l’histoire de l’architecture.

 

Dans l’absolu et si vous n’aviez pas de contraintes, qu’aimeriez vous construire ?

C’est horrible de ne pas avoir de contraintes. Sans contraintes, il n’y pas de résolution de problème et les créations sont très artificielles. 

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Cristiano Ronaldo House / Portugal

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